Tourisme, découverte : L’Algérie, une palette de destinations

- Grand Sud : Un engouement certain
- Benthamer Moussa, directeur général au ministère du Tourisme : «L’hébergement chez l’habitant, une formule recherchée»
- Les bons plans ...Suivez le guide...
- Vacances scolaires : Un moment de partage 
- Saliha Nacer-Bey, directrice générale de l’Office National du Tourisme : Accompagner les porteurs de projets

Notre pays n'est pas une destination touristique, comparée à d'autres, connues jusque-là, avec des produits phares, voire, des circuits classiques qui attirent de plus en plus de prétendants. Le tourisme, chez nous, n'est pas un secteur névralgique mais il peut jouer un rôle clé dans la dynamique économique du pays. Le British Backpacker, organisme spécialisé dans les services et consulting touristiques, vient de classer l'Algérie comme étant la meilleure destination, durant la prochaine décennie, en termes de tourisme de découverte. En fait, à travers ce classement, l'organisme vient réhabiliter notre pays comme produit touristique aux multiples beautés et trésors. La diversité naturelle, géographique, culturelle, la gastronomie, l'habit et des traditions de chaque région, voire de chaque famille, confèrent de l'attrait et du charme à même de faire de nos régions des pôles touristiques d’excellence. Aujourd'hui, c'est connu, ce genre de tourisme, contrairement au balnéaire et autres formules, ne nécessite pas un lourd investissement, de grandes infrastructures luxueuses et coûteuses, les amateurs de ce type de produits, misant sur la simplicité et la découverte beaucoup plus que sur le luxe. En effet, les potentialités des régions sont à même de plaider pour elles et en faire des destinations prisées. De petits investissements feront l'affaire. A dire vrai, depuis la promulgation d'une loi pour rendre l'hébergement chez l'habitant possible, notamment au Sud et dans les wilayas côtières pour remédier au déficit en structures, la tension sur les quelques hôtels a connu une baisse, notamment durant la saison estivale sur le littoral. Mieux, la création de start-up pour orienter les touristes vers une option autre que l'hébergement classique en hôtel connaît un certain engouement. Ces dernières, en fait, à travers une plate-forme de réservation des locations de maisons de courte durée, à l'instar de HOLIDAR, qui se veulent une réponse aux besoins des familles algériennes en quête d'hébergement confortable et surtout bon marché, adapté à leur bourse, sont à même d'encourager, non seulement ces formules, mais également le tourisme de découverte. Les besoins en matière de tourisme ne sont plus les mêmes et sont appelés, dans les années à venir, à s'ouvrir davantage sur l'aventure et la découverte lesquels vont s'imposer comme produits qui suscitent curiosité et intérêt à la fois et qui ne seront pas omis par le marché mondial du tourisme.

Samia D.

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Grand Sud : Un engouement certain

L’Algérie a décidé de mettre en place une stratégie visant à promouvoir la destination du grand Sud. Dans ce sillage, plusieurs experts sont unanimes, le Sahara algérien est parmi les plus beaux et un des endroits les plus fascinants de notre planète. El Moudjahid s’est, donc, entretenu avec plusieurs agences de voyages pour s’enquérir du développement de ce marché en pleine expansion.
Pour Yassine Tazrout, responsable de la commission de la communication de l’Association nationale des agences de voyage (ANAV), le tourisme saharien connaît un engouement important. Toutefois, le même responsable a appelé à organiser davantage ce marché prometteur et revoir la manière de voyager. «Notre mission c’est de montrer aux agences les atouts touristiques de chaque destination. Il n’y a pas que Taghit dans le grand Sud mais d’autres destinations telles qu’El-Oued et bien d’autres», a-t-il fait savoir avant d’ajouter que la mission principale de son association est de trouver et de faire découvrir de nouvelles destinations, non saturées, en Algérie, de promouvoir le patrimoine et inculquer la culture de l’écotourisme. «Nous travaillons actuellement sur le développement de la destination Djelfa, la porte du désert, qui a un potentiel fou. En effet, il y a les dunes de Zaâfrane, les peintures rupestres de Zaakar», a-t-il révélé. De son côté, la responsable de la structure de l’Office national du tourisme (ONAT) située à Alger Centre, Amel Aissa, a indiqué qu’au vu de la pandémie de la Covid-19 et de la réduction des prix pour le tourisme local, le tourisme saharien connaît un engouement très important. Amel Aissa a assuré que les clients sont moins stressés par le virus et veulent retrouver la vie d’antan. De même qu’elle a insisté sur le respect scrupuleux des mesures barrières par l’ONAT. «Nos bus respectent les mesures barrières. Ces derniers ont une capacité d’accueil de 50 places qui a été ramenée à 33 places. En sus d’une aération régulière lors des trajets et une obligation du port du masque chirurgical. «On propose une formule à 15.000 DA pour Taghit. Ce package comporte 4 jours et 3 nuitées et ce, par bus de l’Office national du tourisme. Nous proposons également Timimoun à 17.000 DA en pension complète sous une kheïma traditionnelle. Ces destinations, très prisées, sont quasiment complètes», a-t-elle fait savoir, avant d’ajouter que l’ONAT propose également une formule à 18.500 DA pour Ghardaïa. Mettant à profit cette opportunité, la même responsable a indiqué que le troisième âge est également très présent et désire découvrir son pays. Quant à la prochaine période estivale, elle a indiqué qu’un plan spécial a été mise en place par son organisme pour s’assurer de son bon déroulement et ce, quelle que soit l’évolution de la crise sanitaire. «Il faut réapprendre à vivre avec le virus et s’adapter. C’est important pour préserver notre économie nationale», a-t-elle déclaré avant de saluer le travail fait, sur le terrain, en collaboration avec le ministère de la Santé. De son côté, Salim Kelfi, responsable de l’agence de voyage Expédition et Safari Algeria d’Alger Centre a soutenu que le tourisme saharien est très important. «Nous proposons des destinations qui connaissent un fort engouement telles que Djanet et Tamanrasset», a-t-il fait savoir avant d’ajouter que cette année le demande a sensiblement augmenté. «Nous accueillons une autre catégorie de clients qui étaient habituée au tourisme à l’étranger or avec la pandémie ils se rabattent sur le tourisme local », a-t-il souligné avant d’indiquer que son agence propose des bivouacs à la belle étoile et une prise en charge totale en proposant une cuisine locale authentique. Mettant à profit cette opportunité, Salim Ketfi a salué la décision d’Air Algérie de réduire de moitié les prix pour la destination du grand Sud et appelé les sociétés nationales à travailler de concert avec les agences de voyages pour vendre par facilités des véhicules tout-terrain (4x4). «Cette action permettra d’améliorer davantage la logistique et la qualité des prestations», a-t-il conclu. Pour sa part, la directrice générale de l’agence de voyages du cœur à Alger, Nacéra Moumen, a indiqué que la pandémie et l’apparition des nouveaux variants n’empêche pas l’envie de voyager vers le grand Sud. «Les destinations vers Taghit et Timimoun, sont complètes», a-t-il mis en exergue, avant de souligner que les produits les plus demandés sont le grand Sud. Nacéra Moumen a, dans ce sillage, appelé à multiplier la construction d’hôtels notamment dans la Saoura et à encourager les investisseurs à faire de même. «C’est l’occasion ou jamais pour développer le tourisme national», a-t-elle déclaré avant de souligner le fait que le tourisme national permet aux agences de voyages de survivre dans ce contexte sanitaire mondial délétère.

Sami Kaidi

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Benthamer Moussa, directeur général au ministère du Tourisme : «L’hébergement chez l’habitant, une formule recherchée»

En ces temps de pandémie et avec la fermeture des frontières pour se prémunir du coronavirus, nombreuses sont les agences de tourisme à souffrir des conséquences de cette crise sanitaire mondiale et inédite, avec comme premier constat, un important manque à gagner. Devant ce cas de force majeure, les pouvoirs publics — totalement au fait de l’impact de cette période difficile que traversent les opérateurs du voyages — ont réagi à leurs difficultés en leur prêtant aide et assistance et en les soutenant par un certain nombre de mesures d’ordre financier, fiscal et parafiscal. Ils s’attachent également, à présent, à booster le tourisme interne avec de nombreux produits. L’enjeu est, en fait, d’encourager les jeunes et moins jeunes à aller à la découverte de leur pays à travers la mise en place d’une stratégie touristique allant dans ce sens. Benthamer Moussa, directeur général du Tourisme au ministère du Tourisme et de l’Artisanat, souligne l’important engouement constaté ces dernières années pour le tourisme interne à travers ses multiples facettes, notamment saharienne». Cet intérêt s’explique essentiellement «par la volonté des nationaux à découvrir leur pays, au vu des nombreuses potentialités touristiques qui existent, mais aussi de par les facilitations accordées en matière de prix des billets d’avion, à travers les conventions signées entre les deux compagnies aériennes nationales, les agences de tourisme, le groupe public HTT, les fédérations de travailleurs notamment pour la région Sud». L’intervenant met en relief «les importants efforts déployés dans la chaîne touristique, notamment les agences de tourisme ainsi que les administrations locales du tourisme qui font un travail remarquable en matière de promotion du produit local». Il convient de rappeler que la décision d’ouverture progressive et contrôlée des stations thermales et des centres de thalassothérapie, en suivant bien sûr les protocoles sanitaires a été très bien accueillie. Dans le même sillage le feu vert vient d’être donné pour la reprise de l’ensemble des activités hôtelières publiques et privées, à l’exception des célébrations de cérémonies, en veillant toutefois à ce que «l’activité d’hébergement demeure limitée à 50% des capacités d’accueil». A la faveur des nouvelles mesures, l’activité des dortoirs est également autorisée dans la limite de 50% des capacités d’accueil. Autant de décisions favorablement accueillies à la fois par les professionnels du tourisme et par les citoyens désireux de profiter pleinement de la nature, en particulier, avec l’approche de la saison printanière.

Une stratégie pour la promotion de la destination Algérie

Il est à retenir, par ailleurs, que même si les frontières sont fermées, les services du ministère du Tourisme travaillent d’arrache-pied pour relancer le secteur et promouvoir la destination Algérie à l’international dès que la situation le permettra. «Pour ce qui est de la stratégie du secteur nous sommes en phase de construction d’une destination compétitive. Cela revient à dire que nous continuerons avec détermination la mise en œuvre du programme du gouvernement pour l’émergence d’une industrie touristique nationale». S’agissant de la stratégie adoptée par les pouvoirs publics pour la relance du tourisme, le volet saharien sera la locomotive de la destination Algérie. «Nous veillerons à être fin prêts dès la reprise des activités par la relance d’un climat de confiance à travers le dialogue, la concertation et la mobilisation des acteurs et des professionnels du tourisme et des voyages dans le but de mettre en œuvre le plan d’action déjà entamé». Il s’agira donc de revenir à l’âge d’or du tourisme algérien et pour cela plusieurs mesures et procédures ont été retenues à travers une synergie des efforts et une collaboration intersectorielle. Au regard des efforts consentis, le secteur du tourisme est appelé à devenir l’un des fondements les plus importants d’une économie diversifiée.

Soraya Guemmouri

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Les bons plans ...Suivez le guide...

Repositionner l'Algérie sur l'échiquier du tourisme mondial à travers la création d'une industrie touristique moderne, durable et compétitive dans le cadre d'un développement équilibré, tel sera le défi à relever dans les prochaines années. Il est question de réaliser, en effet, un véritable développement du secteur, dans l’objectif de lui permettre de devenir un outil créateur de richesse et d’emploi. Le pays, qui a la taille d’un continent, dispose de tous les atouts nécessaires afin de promouvoir la destination Algérie mais aussi de booster encore davantage le tourisme interne. Les innombrables paysages féeriques ont vraiment de quoi répondre aux attentes des voyageurs et chaque région, qu’elle soit au nord ou au sud, est à découvrir au double plan historique et touristique. Les ruelles de la Casbah, quartier historique incluant la vieille ville inscrite à l'Unesco, ont de quoi envoûter les visiteurs ; la Kabylie, avec ses montagnes majestueuses, sa culture et ses traditions amazighes ancrées et transmises de génération en génération mais aussi ses plages et ses sommets enneigés chaque hiver ; Constantine, la ville aux ponts suspendus, posée au bord d’une gorge ; Oran, la radieuse, avec ses belles mosquées, chapelles et basiliques qui cohabitent parfaitement dans cette ville riche de son histoire, ouverte sur son front de mer et sur laquelle veillent le Murdjadjo et le fort Santa Cruz, constituent autant de bons plans. Les Hauts plateaux avec leurs champs de blé à perte de vue et les nombreux vestiges qu’ils recèlent ont de quoi émerveiller plus d’un. Du côté de Sétif, la fameuse Ain El Fouara, a toute une histoire et la légende dit que «celui qui boira de cette eau y retourne forcément ». D’autre part, le sud du pays offre au voyageur un monde à découvrir absolument. Le visiteur est, à l’ombre d’une oasis, vite convié à goûter aux mets de la région et sera agréablement surpris de découvrir l’hospitalité légendaire de la région. A Ghardaïa, oasis magnifique et millénaire solidement accrochée à une butte et dominée par sa mosquée, le voyageur peut faire ses emplettes au marché, l’un des plus beaux d'Algérie, et découvrir, par la même, quelques traditions de cette région. Plus loin encore, à des centaines de kilomètres s’étend le Sahara qui reste incontestablement le plus beau au monde, avec un coucher de soleil d’une beauté rarement vue ailleurs. Tamanrasset, Timimoun et Djanet pour ne citer que ces endroits connus sont aussi des lieux touristiques par excellence. Bref, les atouts ne manquent pas, ce qui explique toute l’importance de mettre en relief toute cette beauté et de faire du tourisme une véritable industrie, en prenant en compte les spécificités de chaque région. Pour ce faire, la volonté politique existe et, comme l’attestent les déclarations des cadres du ministère et de la DG de l’ONAT, tout porte à croire que l’émergence de l’industrie touristique nationale ne tardera pas à voir le jour, sachant que le tourisme saharien est appelé à être la locomotive de la destination Algérie. Cela étant et si les perspectives sont prometteuses, il est nécessaire de se donner les moyens de réaliser cet objectif. Lyes Snouci, du syndicat des agences de tourisme, considère qu’il est impératif de prévoir un budget colossal pour la promotion du tourisme à travers la publicité notamment. Le syndicaliste affirme qu’il est tout à fait possible de relever le défi avec les moyens nécessaires et la synergie des efforts de toutes les parties concernés. Il appelle les autorités compétentes à donner le feu vert pour l’octroi aux propriétaires d’agences touristiques de crédits à zéro intérêt ou à la limite de crédits à taux bonifiés. Au regard du «terrible impact» de la Covid-19 sur ce domaine d’activité, Lyes Snouci lance un appel afin de déclarer le secteur sinistré à cause du corona en favorisant les crédits à taux bonifiés et l’exonération d’impôts.

Soraya Guemmouri

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Vacances scolaires : Un moment de partage 

Chaque période de vacances scolaires, c’est la même question que posent la plupart des parents : comment occuper leurs enfants pendant cette période pour se ressourcer ? Les vacances de printemps qui ont commencé jeudi interviennent dans un contexte particulier. Maître de conférences en psychologie clinique, Sabrina Gahar, souligne que les vacances scolaires riment, pour les parents, avec la gestion du temps libre des enfants, notamment en cette période exceptionnelle marquée par la persistance de l’épidémie et rappelle l’effervescence, voire la pression, vécue durant la période des compositions et des examens. «Les parents ont vécu une forme de stress, d’angoisse et d’hyperactivité avec leurs enfants durant la préparation des compositions», souligne-t-elle, faisant part du constat des spécialistes qui précisent que la période des examens n’est pas vécue par les parents comme étant un événement ordinaire. «Durant nos consultations, nous avons observé un certain acharnement de la part des parents pendant les examens. Cet excès que nous constatons de plus en plus nous renseigne sur le fait que le projet scolaire de l’enfant n’appartient pas exclusivement à l’enfant mais concerne beaucoup plus les parents. Ces derniers font de ce projet scolaire leur propre projet, sans respecter le rythme de leur progéniture, notamment dans la manière de réviser». La psychologue assure qu’il est important, après cette période d’effervescence de penser à orienter les parents vers la meilleure façon de profiter des vacances avec leurs enfants ; les parents étant dans une symbiose presque scolaire en accompagnant «de près et de façon excessive» leurs enfants lors des examens, jugeant essentiel de mettre à profit cet attachement particulier dans tout ce qui est ludique, loisirs et partage d’activités pour récompenser l’enfant. 

Faire participer l’enfant aux tâches quotidiennes

En tant que psychothérapeute et militante des droits des enfants, elle insiste sur leur droit aux jeux et aux loisirs. «Il n’y a pas mieux que la période des vacances pour faire profiter l’enfant», affirme-t-elle, relevant l’intérêt d’utiliser l’intelligence sociale pour faire un planning afin de faire des vacances scolaires des moments inoubliables entres familles, notamment durant cette période de pandémie caractérisée par l’importance du respect des mesures de prévention et de protection. Faut-il pour autant de grands moyens pour pouvoir passer de bonnes vacances ? Selon Mme Gahar, la meilleure manière de satisfaire un enfant est de partager des moments avec lui qui soient en rapport avec ses propres loisirs et ses propres convictions, en fonction des différentes étapes de son développement et de sa maturité». Dans ce contexte, la spécialiste attire l’attention sur un droit essentiel de l’enfant qui a tendance à être occulté. Il s’agit de la liberté d’opinion, de la participation et de la prise de parole. En clair, il s’agit de faire participer l’enfant à certaines tâches quotidiennes mais aussi de lui donner la liberté de participer, de son propre gré, dans les affaires qui le concernent, mettant l’accent sur la nécessité de poser des limites quant à l’utilisation, par exemple, des jeux électroniques pour ne pas tomber dans l’excès et, par-là même, pouvoir l’attirer vers d’autres activités. Elle relève également l’intérêt de mettre à profit la période des vacances pour développer une meilleure qualité de communication avec l’enfant, à travers le partage d’activités qui vont vers le développement de la psychomotricité. «Il faut se concentrer sur ce partage qui doit se faire dans une relation de contenance dans l’exercice d’une parentalité positive».

Kamélia Hadjib

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Saliha Nacer-Bey, directrice générale de l’Office National du Tourisme : Accompagner les porteurs de projets

Saliha Nacer-Bey, directrice générale de l’Office National du Tourisme constate ces dernières années un engouement important et une forte demande pour le tourisme interne à travers ses multiples facettes, notamment saharien. Cet intérêt s’explique essentiellement par le désir des nationaux de découvrir leur pays au vu des potentialités touristiques qu’il recèle, en plus des facilitations accordées et des mesures d’incitation concrétisées par les conventions signées entre les deux compagnies aériennes, les agences de tourisme, le groupe Hôtellerie, Tourisme et Thermalisme.

Entretien réalisé par Soraya Guemmouri

El Moudjahid : Quelle est la stratégie pour attirer des touristes en Algérie ?
Saliha Nacer-Bey : Aucune économie dans le monde n’a été épargnée par l’impact des mesures restrictives prises pour faire face à la propagation de la Covid -19. Le secteur du tourisme a été touché de plein fouet et a subi des pertes considérables. Face aux conséquences financières dramatiques de la pandémie, un comité de pilotage opérationnel pour la reprise des activités a été créé. Il rassemble Air Algérie, le groupe HTT et les autres acteurs majeurs du secteur (hôtellerie privée, transport ferroviaire et voyagistes publics et privés à travers leurs corporations). La stratégie de relance du tourisme national repose sur des grands axes, notamment en soutenant davantage l’investissement et l’accompagnement des porteurs de projets, à l’effet de renforcer qualitativement et quantitativement les capacités d’accueil. Il s’agira également d’améliorer la formation et la professionnalisation de l’activité, de développer une stratégie marketing professionnelle pour améliorer la visibilité de la destination Algérie à travers la généralisation de l’utilisation des supports numériques et la digitalisation des vecteurs de la promotion. Il conviendra d’accompagner les opérateurs pour conquérir les marchés internationaux et enfin d’impliquer davantage les collectivités locales dans une démarche participative. Ceci dit, la fermeture des frontières a été une occasion pour relancer le tourisme interne et proposer aux Algériens de visiter leur pays. Cela a permis aussi aux agences de voyages spécialisées dans «l’export de touristes algériens» et dans les voyages religieux de diversifier leurs activités et d’offrir d’autres produits touristiques. D’ailleurs un grand nombre d’agences proposent des week-ends et des excursions d’une journée vers des destinations proches comme Tikijda, Chréa, Médéa et Tissemsilt, à titre d’exemple. La relance des voyages et séjours par bus avec des tarifs avantageux a permis à de nombreux citoyens de découvrir plusieurs villes et régions du pays lors de circuit vers Taghit, Béni Abbès, Biskra, El Oued, Ghardaïa et même Tamanrasset et Djanet avec des séjours de dix à quinze jours . La fin de la pandémie et la reprise du tourisme international vont permettre de mieux relancer la destination Algérie avec des circuits dans le Tassili et le Hoggar, qui sont nos produits phares. Le touriste de l’après-pandémie va certainement chercher des destinations de plein air avec de grands espaces pour éviter le rush de touristes. Les destinations sahariennes sont le produit adéquat pour des séjours de découverte et d’évasion dans notre majestueux désert. Au cours de ce mois, nous allons participer à la Bourse internationale du tourisme de Berlin sous forme d’une exposition virtuelle où nous allons mettre en exergue les différents atouts de la destination Algérie. Nous travaillons aussi à orienter notre stratégie de communication vers les nouvelles technologies et les réseaux sociaux afin de mieux placer notre produit touristique sur les marchés internationaux.

Notre pays dispose d'importants atouts touristiques naturels à même de développer plusieurs types de tourisme : thermal, balnéaire, côtier, culturel, saharien... Que peut-on faire pour attirer plus de monde vers ces régions et qu’en est-il du rapport qualité-prix ?
L’Algérie est un pays où vous pouvez trouver les quatre saisons en une même journée : skier à Tikijda le matin et skier sur les dunes de sable fin de Taghit ou de Béni Abbès le soir ; se baigner à Tipaza tout en visitant les ruines romaines le matin et se retrouver le soir à admirer le coucher du soleil de l’Assekrem sur les hautes montagnes du Hoggar. Le mérite de la destination Algérie est d’être resté encore à l’état vierge avec des centaines de stations thermales naturelles qui ne demandent qu’à être mises en valeur comme la station d’Ain Ouarka à Naâma, Zelfana à Ghardaïa, les stations traditionnelles de Djelfa et autres. La relance des investissements et l’augmentation du parc hôtelier vont multiplier davantage l’offre touristique et contribuer à réduire les prix des prestations, particulièrement en ce qui concerne l’hébergement durant la saison estivale dans les villes côtières et les stations balnéaires. Le rapport qualité-prix dépend aussi d’autres paramètres comme le billet d’avion qui demeure assez élevé. Pour attirer plus de touristes vers ces régions, nous misons sur l’intensification des accords de partenariat entre les acteurs intervenant dans la chaine touristique afin d’assurer un produit compétitif et de qualité, la valorisation et la réhabilitation des fêtes locales, manifestations culturelles et cultuelles, les expositions artisanales durant toute l’année…

Le tourisme interne en général et le tourisme saharien en particulier connaissent un réel engouement ces dernières années. Qu'est ce qui explique cet intérêt récent et comment le fructifier davantage ?
Tout à fait, nous avons remarqué ces dernières années un engouement important et une forte demande pour le tourisme interne à travers ses multiples facettes, notamment saharienne. Cet intérêt s’explique essentiellement par le désir des nationaux de découvrir leur pays au vu des potentialités touristiques qu’il recèle, en plus des facilitations accordées et des mesures d’incitation concrétisées par les conventions signées entre les deux compagnies aériennes nationales, les agences de tourisme, le groupe Public Hôtellerie, Tourisme et Thermalisme , les fédérations représentant les travailleurs …, sans oublier le travail remarquable en matière de promotion touristique du produit local.

Peut-on dire que le tourisme domestique reste l’unique option à envisager en ces temps de crise sanitaire ?
Le tourisme domestique est, de par ses retombées économiques et sociales, une priorité absolue. Le Sud algérien est considéré comme une richesse touristique inestimable. La pandémie a permis de donner un coup de starter à la relance du tourisme interne, particulièrement chez les jeunes qui optent pour des randonnées et des séjours chez l’habitant ou en plein air, loin du stress et du bruit des grandes villes. En individuel ou avec des agences de voyage, il ne se passe pas une journée sans voir des photos de séjours et de visites touristiques sur les réseaux sociaux. Avec des anciens fourgons et minibus rénovés et aménagés en camping car, des groupes de jeunes sillonnent quotidiennement l’Algérie d’est en ouest et du nord au sud. Ce type de tourisme de plein air connaît actuellement un grand succès et, pour fructifier cela, une stratégie se basant sur un certain nombre de volets est nécessaire. On pense à la promotion touristique à travers l’implication de l’ONAT et des agences de tourisme, à l’encouragement de l’investissement touristique par l’octroi d’avantages et de facilitation à l’accès au crédit et au foncier pour les investisseurs potentiels au Sud, ou encore à la formation du personnel intervenant dans la chaine touristique, allant de l’hébergement à la restauration sans oublier le guide du tourisme. Il est question également de la multiplication des conventions entre tous les professionnels du tourisme, de la mise en place d’une dynamique économique à travers l’organisation d’événements culturels, touristiques, de la révision des prix à la baisse des billets d’avion durant la saison saharienne, de l’ouverture de tous les sites touristiques dans le grand Sud aux touristes, et enfin de la facilitation de l’octroi de visas aux touristes, particulièrement à destination du Sud. Le rôle de l’Office National du Tourisme est de contribuer à une meilleure promotion et médiatisation de ces nouveaux produits et à faire sortir d’autres destinations de l’anonymat car notre pays possède d’énormes potentialités qui ne demandent qu’à être mieux mises en valeur.

S. G.

 

 

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